GUIDE TECHNIQUE D’ELEVAGE N° 4 SUR
LES COBAYES
 


Mario CICOGNA, Professeur à la Facoltà di Agraria, Università di Milano, Italie

Décembre 2000

Editeur responsable : J. Hardouin, B.E.D.I.M, FUSAGx, 5030 Gembloux

Série Information et Documentation Coordination : Prof. Honor. J. Hardouin

BUREAU POUR L’ECHANGE ET LA DISTRIBUTION DE L’INFORMATION SUR LE MINI-ELEVAGE (B.E.D.I.M.)


Contents:
LE MINI-ÉLEVAGE EN GÉNÉRAL; GÉNÉRALITÉS SUR LES COBAYES
BIOLOGIE; PRINCIPES À RESPECTER
MÉTHODES D'ÉLEVAGE; INFRASTRUCTURES
ALIMENTATION; PATHOLOGIE ORDINAIRE; TECHNIQUES D'EMPLOI
ADRESSES UTILES; DOCUMENTATION
B.E.D.I.M

LE MINI-ÉLEVAGE EN GÉNÉRAL

Le concept du mini-élevage est entré dans le monde du développement rural tropical vers 1986. Ce néologisme, inspiré du "microlivestock" apparu aux U.S.A., englobe une série d'animaux de petite taille en général dont les deux principales caractéristiques sont, d'une part une utilisation traditionnelle par l'homme pour son alimentation ou pour d'autres usages, et d'autre part un approvisionnement basé sur la cueillette ou la chasse, celle-ci étant en réalité du braconnage. On peut ajouter à ces critères le fait que ces animaux sont bien connus sur les plans biologique et éthologique mais qu'ils ne font (ou ne faisaient) pas l'objet de production contrôlée par l'homme. En conséquence, ils n'apparaissent pas dans les statistiques et ne font pas l'objet d'un enseignement similaire aux autres zootechnies spéciales (bovine, ovine, caprine, porcine, aviaire …).

Il est maintenant admis que des techniques de production peuvent être mises au point pour couvrir le cycle complet de vie de ces espèces sous le contrôle de l'homme. Parmi les animaux pour lequel un intérêt existe, il faut citer des rongeurs (aulacodes, cricétomes, rats palmistes, athérures …, capybaras, pacas, hutias, maras, cotias …), les cobayes ou cochons d'Inde, des grenouilles, les escargots géants, des vers de compost, des insectes … mais aussi, dans une moindre mesure, des serpents, les pécaris, des tortues terrestres, des oiseaux … On admet que le mini-élevage ne comprend pas d'animaux purement aquatiques.

GÉNÉRALITÉS SUR LES COBAYES

Depuis la période précolombienne, le cobaye Cavia porcellus est élevé dans les Andes pour la consommation. De nos jours ce petit herbivore monogastrique constitue une source de viande dans de nombreux pays d'Amérique du Sud, d'Afrique sub-saharienne, ainsi qu'aux Philippines. L'intérêt majeur du cobaye réside dans sa prolificité, sa grande vitesse de croissance, sa viande maigre riche en protéines et son alimentation peu coûteuse (fourrage, déchets de cuisine). Les besoins en capital et en travail sont faibles. Aisément élevé par des familles sans terre en agriculture semi-urbaine, il est apprécié sur les marchés. Une enquête menée au Cameroun a montré la parfaite intégration de cet élevage dans les systèmes agricoles existants et un rôle socioculturel important. Le prix de la viande de cobaye est parfois plus élevé que celui d'autres viandes, par suite d'une forte demande pour cette viande appréciée mais souvent autoconsommée.

L'élevage de cobayes ou caviculture est officiellement ignoré, sauf en Amérique du Sud, et l'élevage familial de 15-30 animaux par des enfants ou des femmes est empirique, sans véritable gestion en l'absence de tout programme de vulgarisation et d'appui. La consanguinité étroite y est de règle et la prédation assez fréquente. De plus la sélection à rebours (adultes mâles et femelles les plus lourds vendus ou mangés) qui est courante ne permet pas de sortir d'une faible productivité, alors que des aménagements très simples permettent d'améliorer les performances. Des fermes commerciales avec de gros effectifs fonctionnent près de centres urbains au Pérou et en Equateur.


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