GUIDE TECHNIQUE D’ELEVAGE N° 3 SUR
LES GRENOUILLES
 


Jacques HARDOUIN, Professeur Honoraire de Zootechnie Tropicale
B.E.D.I.M, FUSAGx, 2 Passage des Déportés, B-5030 Gembloux

Décembre 2000

Editeur responsable : J. Hardouin, B.E.D.I.M, FUSAGx, 5030 Gembloux

Série Information et Documentation Coordination : Prof. Honor. J. Hardouin

BUREAU POUR L’ECHANGE ET LA DISTRIBUTION DE L’INFORMATION SUR LE MINI-ELEVAGE (B.E.D.I.M.)


Contents:
Le mini-élevage en général; Généralités sur les grenouilles
Biologie; Principales caractéristiques; Principes à respecter
Infrastructures
Pathologie ordinaire; Techniques d’emploi
Adresses utiles; Documentation
B.E.D.I.M

Le mini-élevage en général

Le concept du mini-élevage est entré dans le monde du développement rural tropical vers 1986. Ce néologisme, inspiré du « microlivestock » apparu aux U.S.A., englobe une série d’animaux de petite taille en général dont les deux principales caractéristiques sont, d’une part, une utilisation traditionnelle par l’homme pour son alimentation ou pour d’autres usages, et d’autre part, un approvisionnement basé sur la cueillette ou la chasse, celle-ci étant en réalité du braconnage. On peut ajouter à ces critères le fait que ces animaux sont bien connus sur les plans biologique et éthologique mais qu’ils ne font (ou ne faisaient) pas l’objet de production contrôlée par l’homme. En conséquence, ils n’apparaissent pas dans les statistiques et ne font pas l’objet d’un enseignement similaire aux autres zootechnies spéciales (bovine, ovine, caprine, porcine, aviaire…).

Il est maintenant admis que des techniques de production peuvent être mises au point pour couvrir le cycle complet de vie de ces espèces sous le contrôle de l’homme.

Parmi les animaux pour lesquels un intérêt existe, il faut citer des rongeurs (aulacodes, cricétomes, rats palmistes, athérures, … capybaras, pacas, hutias, maras, cotias…), les cobayes ou cochons d’Inde, les grenouilles, les escargots géants, les vers de compost, les insectes … mais aussi, dans une moindre mesure, les serpents, les pécaris, les tortues terrestres, des oiseaux… On admet que le mini-élevage ne comprend pas d’animaux purement aquatiques.

Généralités sur les grenouilles

Animal destiné initialement à une consommation locale, assez courante, même en Europe anciennement, la grenouille est devenue un élément de la haute gastronomie française. Après surexploitation des espèces locales, la demande est actuellement couverte par des importations de cuisses congelées provenant essentiellement d’Asie. Le commerce international dans la Communauté européenne à 12 représentait vers 1992 un montant annuel voisin de 25 millions d’euros. Dans un certain nombre de pays chauds (Madagascar, Malaisie, Thaïlande, Chine…) les grenouilles sont couramment consommées par les habitants, parfois presque entières (après simple ablation de la tête et des entrailles). Dans beaucoup de pays, on attribue à la chair des grenouilles des propriétés curatives. Ailleurs, et notamment en Afrique sub-saharienne, des captures sauvages sont assez courantes pour approvisionner des restaurants locaux. Partout existent des espèces locales comestibles et consommées.

La surexploitation qui a prévalu en Europe associée à de profondes modifications des habitats naturels ont entraîné une réduction progressive mais continue des espèces locales. Le même phénomène semble s’installer dans d’autres continents, et surtout dans des pays exportateurs. La création d’élevages rationnels s’indique donc pour satisfaire une demande justifiée et contribuer à la reconstitution des populations menacées.

Il est intéressant de savoir que de grandes firmes commerciales pratiquent la raniculture (Brésil, Malaisie, Thaïlande…), et que dans ce contexte la valorisation de sous-produits de cet élevage acquiert de l’importance. Les entrailles et les parties du corps négligées comme aliments peuvent intervenir efficacement en élevage porcin. D’autre part, la peau peut faire l’objet de tannage avant utilisation en maroquinerie de luxe (ceintures, souliers, porte-clés…).

 


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