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Chapitre 6 - Emballage des fruits, légumes, racines et tubercules

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Nécessité de l'emballage

La plupart des produits frais destinés à la vente sur le marché se composent d'un grand nombre de petites unités de calibres comparables, que l'on doit déplacer en quantités pouvant être manipulées par une seule personne. Pour cela, le meilleur moyen est d'utiliser des récipients d'une capacité de 3 à 25 kg, et d'un encombrement d'environ 60 x 40 x 30 cm au maximum. Certaines denrées (les pommes de terre par exemple) peuvent être commercialisées en sacs de 25 ou 50 kg, tandis que d'autres produits encombrants, tels que les régimes de bananes entiers, sont transportés sans être emballés. Les légumes en feuilles peuvent être vendus en vrac ou liés en bottes, sans emballage.

Dans la plupart des pays en développement, on utilise des paniers, sacs ou plateaux traditionnels pour transporter les produits jusqu'au marché. Ces récipients sont généralement peu coûteux, fabriqués au moyen de matériaux faciles à trouver tels qu'herbes sèches, feuilles de palmier ou bambou. S'ils se prêtent bien au transport de produits frais sur de courtes distances, ils présentent de nombreux inconvénients dans le cas des grands chargements expédiés au loin.

Les produits en grandes quantités destinés au commerce de gros doivent être mieux emballés pour limiter les pertes et rentabiliser les moyens de transport. Il s'agit d'empêcher que les produits ne s'abîment en cours de manutention, de transport et de stockage, et de fournir des récipients de capacité uniforme, faciles à manipuler et à compter.

Le recours à des emballages normalisés permet d'éviter d'avoir à répéter les pesées et peut faciliter la manutention, le gerbage et le chargement. Beaucoup d'emballages sont fabriqués à partir de papier et de dérivés du papier (carton compressé et carton ondulé), de bois et de dérivés du bois (bois scié et particules), ainsi que de matières plastiques, souples ou rigides. Chaque type d'emballage doit être mûrement considéré du point de vue de son utilité, de son coût et de la valorisation du produit.

En matière d'emballages, il faut toujours viser l'économie. Une étude conduite en Thaïlande a montré qu'une caisse en plastique, coûtant cinq fois plus que le panier de bambou traditionnel de même capacité, restait utilisable après 20 fois le nombre de voyages, ce qui met le prix de revient de la caisse en plastique par voyage à environ un quart de celui du panier de bambou. En outre, la caisse, tout en protégeant mieux le produit, était beaucoup plus facile à manipuler, à gerber et à nettoyer.

Il pourrait cependant se faire que des améliorations apportées à la conception et à la construction des récipients indigènes soient une meilleure solution que l'achat de caisses en plastique.

Dommages subis par les produits emballés

Dommages par lésions

Coupures ou percements

Causes

- emballages percés par des objets pointus;
- échardes du bambou ou des récipients en bois;
- agrafes ou clous en saillie.

Effets

- le produit se trouve profondément entaillé ou percé, d'où perte d'eau et décomposition rapide.

Chocs

Causes

- fait de jeter ou de laisser tomber les caisses; démarrage ou arrêt brutal du véhicule, entraînant un déplacement du chargement;

- fait de rouler à grande vitesse sur de mauvaises routes.

Effets

- les emballages cèdent, ce qui contribue à meurtrir le contenu.

Compression (écrasement)

Causes

- récipients trop légers ou surdimensionnés;
- récipients trop remplis et (ou) gerbés trop haut;
- effondrement des empilements en cours de transport.

Effets

- le contenu est meurtri ou écrasé (figure 11).

Vibrations (secousses)

Causes

- vibrations du véhicule et vibrations communiquées par les mauvaises routes;

Effets

- les caisses d'emballage se disjoignent, ce qui endommage le produit.

Dommages causés par l'environnement

Dommages dus à la chaleur

Causes

- exposition des colis à la chaleur extérieure, par exemple à la lumière solaire directe, ou stockage près du chauffage;

- accumulation naturelle de la chaleur interne du produit par défaut de ventilation à l'intérieur des emballages, en cours de stockage ou sur le véhicule.

Effets

- les fruits deviennent trop mûrs ou se ramollissent;
- le produit se dessèche et perd son arôme;
- le produit s'abîme rapidement;
- les cartons risquent de se fragiliser et de s'endommager au moindre choc.

Dommages dus au refroidissement ou à la congélation

Causes

- température ambiante basse ou inférieure à zéro;

- exposition de produits sensibles à des températures inférieures au seuil de sécurité de refroidissement ou de congélation en cours de stockage.

Effets

- dommages infligés aux produits sensibles au froid;
- décomposition du produit congelé à la décongélation;
- les récipients en plastique deviennent fragiles et risquent de se fendre.

Dommages infligés par l'eau et l'humidité

Causes

- exposition à la pluie ou à une forte humidité;

- condensation se formant sur les colis et les produits retirés des chambres froides pour être placés en atmosphère humide à la température ambiante;

- fait d'emballer des produits humides dans des cartons.

Effets

- ramollissement et effondrement des cartons empilés;
- écrasement du produit dans les cartons effondrés;
- le produit endommagé s'abîme rapidement.

Dommages dus à la lumière

Causes

- les sacs et les caisses en plastique qui ne sont pas traités par un inhibiteur des ultraviolets finissent par se disloquer lorsqu'ils sont exposés à la lumière directe.

Effets

- la désintégration des sacs en plastique endommage le produit lorsqu'on le déplace;
- les fractures des caisses en plastique risquent d'entailler ou de meurtrir le produit.

Autres causes

Contamination chimique

Causes

- contamination des récipients stockés à proximité de produits chimiques;

- dommages infligés aux produits par des récipients traités par des conservateurs, par exemple caisses en bois traitées au pentachlorphénate (PCP) (voir encart couleurs, photo 5);

- contamination du produit par des caisses présentant des moisissures.

Effets

- contamination de la saveur ou dommages superficiels;
- perte de couleur du produit au contact du récipient;
- le produit contaminé par des moisissures s'abîme;
- les moisissures du bois entraînent la dislocation des caisses.

Dommages infligés par des insectes

Causes

- insectes présents dans le produit emballé;
- insectes du bois dans les caisses d'emballage.

Effets

- plaintes des consommateurs et problèmes juridiques posés par la présence des insectes (par exemple araignées, cancrelats) dans le produit emballé;

- infestation des caisses par les insectes parasites du bois.

Dommages infligés par l'homme et les animaux

Causes

- produit contaminé et mangé par les rongeurs et les oiseaux;
- vols par les humains.

Effets

- produit endommagé refusé par les acheteurs ou les inspecteurs;
- perte de revenu par perte de produit.

Emballage et rentabllité

Le recours à l'emballage représente un élément de coût supplémentaire, aussi le prix du produit commercialisé doitil tenir compte des sommes investies et du coût unitaire de l'emballage, ainsi que du profit escompté. Il est difficile d'évaluer avec précision la valeur ajoutée, car de nombreux facteurs peuvent venir compenser le coût de l'emballage, par exemple:

- les pertes peuvent être sensiblement réduites;
- la présentation et la qualité du produit peuvent le rendre plus attrayant et lui donner un avantage concurrentiel;
- la durée de vie commerciale du produit peut se trouver augmentée.

Il est clair, cependant, que le surcoût de l'emballage doit rester en deçà de ce que le marché est disposé à accepter.

Protection du produit

Des conditionnements et des techniques de manutention appropriés peuvent réduire les dommages auxquels les produits frais sont exposés lors de la commercialisation. Voici quelques précautions indispensables:

- Pour que l'emballage lui-même n'endommage pas les produits en cours de manutention et de transport, les caisses ou les cartons d'emballage doivent être correctement assemblés; les clous, agrafes et échardes sont un inconvénient des caisses en bois.

- Chacune des unités de produit doit être emballée pour éviter que ces unités ne frottent les unes contre les autres en cours de manutention et de transport; les emballages «tout-venant» sont particulièrement sensibles aux vibrations.

- Des meurtrissures sont occasionnées par des récipients trop remplis ou par l'effondrement des caisses; l'effondrement peut être dû à la fragilité des parois des caisses, au ramollissement des cartons par l'humidité, ou pendant l'empilage des caisses parce qu'on n'a pas veillé à ce que les parois latérales et d'extrémité soutiennent celles du dessus; les empilements de caisses ne doivent jamais dépasser la hauteur recommandée par le fabricant.

- Les produits placés dans des sacs de jute ou des filets sont particulièrement sujets aux dommages dus aux chocs; les sacs de 25 ou 50 kg, généralement utilisés pour des produits ayant relativement peu de valeur tels que les légumes-racines ou les tubercules, sont souvent malmenés en raison de leur poids; lorsque c'est possible, on réduira au minimum les manutentions des produits en sacs, en gerbant ces derniers en chargements unitaires sur palettes ou en caisses palettisables.

Effet de l'emballage sur les autres types de dommages

Chaleur, refroidissement ou congélation. D'une manière générale, les emballages ne sont pas de bons isolants et ne contribueront guère à empêcher les dommages dus à la chaleur ou au froid. L'absence de ventilation dans les emballages retarde le refroidissement et peut entramer des dommages imputables à la chaleur dégagée par le produit lui-même. Des emballages en polystyrène expansé, récemment mis au point, présentent de bonnes qualités d'isolation et sont utilisés, recouverts de glace, pour transporter les légumes présentant une activité respiratoire élevée. Ces emballages restent hors de portée de la plupart des pays en développement à cause de leur prix et de la difficulté à se les procurer.

Dommages infligés par l'humidité et l'eau. L'humidité et l'eau (la pluie par exemple) viennent rapidement à bout des cartons qui se ramollissent et se disloquent lorsqu'ils sont humides. C'est un problème qui ne peut être résolu qu'à la fabrication, en imperméabilisant les cartons à la paraffine ou en les doublant de matière plastique.

Les produits emballés dans des sacs humides ou des caisses ou cartons mouillés s'abîment plus rapidement.

Contamination chimique

L'emballage ne protégera pas le produit de la contamination due aux sources extérieures de substances chimiques. Les récipients eux-mêmes s'imprègnent de ces substances et contribuent à la contamination.

Les sacs, ainsi que les caisses ou cartons démontés en attente d'assemblage, ne doivent pas être entreposés à proximité de substances chimiques.

Choix des emballages pour les produits frais

L'emballage étant souvent l'un des principaux éléments de coût dans la commercialisation des produits, le choix des contenants destinés aux opérations commerciales doit être mûrement réfléchi.

Outre le fait de fournir un emballage de dimensions constantes qui protégera le produit, le contenant doit satisfaire à d'autres exigences:

- il doit être facile à transporter lorsqu'il est vide et occuper moins de place que lorsqu'il est plein, par exemple: caisses en plastique s'emboitant les unes dans les autres lorsqu'elles sont vides, cartonnages pliants, sacs en jute, en papier ou en plastique;

- il doit être facile à assembler, à remplir et à fermer soit à la main, soit au moyen d'une machine simple;

- il doit assurer une ventilation convenable du contenu en cours de manipulation et de transport;

- sa capacité doit être adaptée à la demande du marché;

- ses dimensions et sa conception doivent être adaptées aux moyens de transport disponibles afin qu'il puisse se charger correctement et solidement;

- il doit être rentable par rapport à la valeur marchande de la denrée à laquelle il est destiné;

- on doit pouvoir se le procurer facilement, de préférence auprès de plusieurs fournisseurs.

Dimension et forme des emballages

Les dimensions des emballages doivent être calculées de façon qu'ils puissent être faciles à manier et qu'ils soient adaptés aux conditions de la commercialisation. Les emballages ne doivent pas être surdimensionnés par rapport à ces conditions, notamment lorsqu'il s'agit de caisses en bois.

Le rapport entre le poids du contenant et celui du contenu est important. Lorsque les frais de transport sont calculés au poids, les matériaux d'emballage lourds peuvent sensiblement augmenter le coût final du produit mis en vente.

La forme des emballages a également son importance du point de vue du chargement, c'est-à-dire la manière dont la charge est répartie sur le véhicule pour réaliser un maximum de capacité et de stabilité Les paniers ronds, qu'ils soient de forme cylindrique ou conique, contiennent beaucoup moins de produits que des caisses occupant le même espace. Un panier cylindrique ne contient que 78,5 pour cent en volume de ce que contient une caisse rectangulaire occupant le même espace.

Nécessité d'assurer la ventilation à l'intérieur des emballages

Un emballage destiné à recevoir un produit quelconque devra tenir compte de la nécessité d'assurer une bonne ventilation du produit pour empêcher l'accumulation de chaleur et d'anhydride carbonique. La ventilation du produit dans les récipients s'impose à tous les stades de la commercialisation mais plus particulièrement durant le transport et l'entreposage. La ventilation est nécessaire à l'intérieur de chaque emballage, mais il convient aussi qu'il y ait une circulation d'air suffisante entre les récipients empilés. Un gerbage jointif n'est acceptable que si les contenants sont conçus de manière à laisser l'air circuler à l'intérieur de chaque emballage et dans tout l'empilement. Sacs et filets doivent être empilés de telle sorte que l'air puisse circuler à travers le contenu.

L'efficacité de la ventilation en cours de transport dépend également de l'air que laisse passer le chargement.

Matêriaux d'emballage

Les emballages destinés aux produits frais sont de plusieurs types.

Matériaux naturels

Les paniers et autres récipients traditionnels sont fabriqués en bambou, rotin, paille, feuilles de palmier, etc., et cela dans l'ensemble du tiers monde. La matière première et la main-d'œuvre sont généralement peu coûteuses et si les récipients sont bien faits, ils peuvent être réutilisés.

Les inconvénients sont les suivants:

- ils sont difficiles à nettoyer lorsqu'ils ont été souillés par des organismes de décomposition;
- ils ne sont pas suffisamment rigides et se déforment lorsqu'ils sont empilés pour les transports à distance;
- ils sont difficiles à charger en raison de leur forme;
- ils endommagent le produit par pression lorsqu'ils sont très remplis;
- ils présentent souvent des arêtes vives ou des échardes qui peuvent entailler ou percer le produit.

Le bois

Le bois scié est fréquemment utilisé pour fabriquer des caisses ou cageots réutilisables, encore que moins souvent ces derniers temps à cause du coût Le bois déroulé d'épaisseurs diverses est utilisé pour fabriquer des cagettes ou plateaux plus légers (figure 12). Les caisses en bois sont rigides et réutilisables et, si elles sont normalisées, elles sont faciles à empiler sur les camions.

Les inconvénients sont les suivants:

- elles sont difficiles à nettoyer correctement en vue de la réutilisation;

- elles sont lourdes et coûteuses à transporter;

- elles présentent fréquemment des arêtes vives, des échardes et des clous en saillie, d'où la nécessité de les doubler d'une manière ou d'une autre pour protéger le contenu.

Le carton

On fabrique des récipients en carton épais ou en carton ondulé. Il existe des cartons qui se ferment avec des rabats tandis que d'autres sont télescopiques. Il existe également des cartons-plateaux. Les cartons sont livrés démontés (c'est-à-dire à plat) et sont montés par l'utilisateur. Le montage et la fermeture des cartons se font par rubans adhésifs, encollage, agrafage ou emboîtage (figure 13).

Les cartons sont légers et propres et il est facile d'y imprimer des informations publicitaires ou des renseignements concernant le contenu, la quantité et le poids. On en trouve de toutes dimensions, conceptions et résistances.

Les inconvénients sont les suivants:

- s'ils ne sont utilisés qu'une fois, ils risquent de constituer une dépense renouvelable élevée (s'ils sont destinés à être réutilisés, les cartons sont faciles à démonter lorsqu'ils sont vides);

- ils se détériorent facilement s'ils sont manipulés ou empilés sans précaution;

- ils résistent mal à l'état mouillé;

- seules les commandes en grandes quantités sont économiques; en petites quantités leur prix risque d'être prohibitif.

Les plastiques moulés

Les caisses d'emballage consignées moulées en polythène haute densité sont très utilisées dans de nombreux pays pour le transport des produits frais. Leur fabrication s'accommode d'à peu près toutes les spécifications. Elles sont solides, rigides, lisses, faciles à entretenir et peuvent être empilées lorsqu'elles sont pleines et s'emboîter lorsqu'elles sont vides, de manière à tenir moins de place.

Figure 13 Les produits frais sont transportés dans divers types de carton d'emballage

Les inconvénients sont les suivants:

- elles ne peuvent être produites qu'en grand nombre dans des conditions économiques, mais restent tout de même chères;

- elles doivent être importées dans la plupart des pays en développement, ce qui ajoute à leur coût et, généralement, suppose l'obtention de devises;

- elles ont souvent d'autres usages (par exemple cuvettes, etc.), d'où un coulage important;

- elles supposent une organisation et un contrôle très rigoureux pour les retours;

- elles se détériorent rapidement lorsqu'elles sont exposées au soleil (surtout dans les régions tropicales) à moins qu'elles n'aient été traitées au moyen d'un inhibiteur des ultraviolets, ce qui augmente encore le prix de revient.

Malgré leur coût, cependant, le fait qu'elles sont réutilisables peut les rendre rentables. L'étude thaïlandaise citée plus haut a montré que les caisses en plastique restent utilisables après plus de 100 voyages.

Fibres naturelles et synthétiques

Les sacs destinés à contenir des produits frais peuvent être en fibres naturelles comme le jute ou le sisal, ou en fibres ou bandes synthétiques de polypropylène ou polyéthylène. Il existe des sacs d'une capacité d'environ 5 kg qui peuvent être en tissage lâche ou en filet. Les filets ont généralement une capacité d'une quinzaine de kilos. Les sacs sont le plus souvent utilisés pour contenir des produits moins fragiles tels que les pommes de terre ou les oignons, ce qui n'empêche que ces produits doivent être maniés avec soin pour éviter qu'ils ne soient abîmés.

Les inconvénients sont les suivants:

- par manque de rigidité, le contenu risque d'être endommagé en cours de manutention;

- ils sont souvent trop volumineux pour pouvoir être manipulés avec précaution; le contenu sera gravement détérioré si on laisse tomber les sacs ou si on les jette sans précaution;

- si le tissage est serré, ils empêchent la ventilation lorsqu'ils sont empilés les uns sur les autres;

- il arrive parfois que leur texture, trop lisse, fait s'effondrer les empilements déséquilibrés; ils sont difficiles à empiler sur les palettes.

Papier ou pellicules plastiques

Le papier ou les pellicules plastiques sont fréquemment utilisés pour doubler les caisses d'emballage, afin de limiter la déperdition d'eau ou empêcher les dommages par friction.

Les sacs en papier peuvent comporter jusqu'à six couches de papier kraft (emballage résistant). Ils peuvent avoir une capacité d'environ 25 kg et servent surtout à contenir des produits de valeur relativement faible. On peut les fermer en pratiquant une couture à la machine à la partie supérieure (recommandé seulement pour les cultures commerciales) ou, dans le champ, en les liant au sommet au moyen d'un instrument simple (figure 14).

Les inconvénients sont les suivants:

- les parois de papier sont perméables à l'eau, à la vapeur d'eau et aux gaz (on peut imperméabiliser les parois en y incorporant une pellicule plastique ou métallique, mais, en ce cas, les sacs retiennent les gaz et la vapeur d'eau);

- la chaleur peut mettre longtemps à se disperser des empilements de produits en sacs, ce qui abîme les fruits ou les légumes en feuilles;

- le contenu est mal protégé en cas de manutention brutale.

Etant donné leur faible coût, les sacs ou emballages en pellicule plastique sont largement utilisés pour la commercialisation des fruits et légumes, notamment pour les conditionnements destinés aux consommateurs. C'est à tort, cependant, que dans de nombreux pays en développement on utilise de grands sacs en polythène pour transporter les produits, surtout au marché.

Les inconvénients sont les suivants:

- ils n'offrent à peu près aucune protection s'ils sont manipulés sans précaution;

- ils retiennent la vapeur d'eau, ce qui réduit la déperdition d'eau du produit; mais en cas de changement de température, ils entraînent une forte accumulation de condensation qui contribue à abîmer le produit;

- ils provoquent une rapide accumulation de chaleur s'ils sont exposés au soleil;

- ils n'autorisent que des échanges gazeux lents; cela, joint à la vapeur d'eau et à la chaleur, entraîne une détérioration extrêmement rapide;

- ils ne doivent pas servir au transport des produits, même s'ils sont dotés de perforations pour la ventilation; les sacs en plastique ne doivent pas être utilisés sauf si l'emballage peut être réfrigéré.

Les conditionnements destinés au consommateur emballés en feuilles plastiques ne sont pas recommandés dans les climats tropicaux sauf, le cas échéant, dans les magasins dotés de vitrines réfrigérées.

Quel emballage utiliser?

Avant de décider de l'emballage à utiliser, le récoltant ou le responsable du centre de conditionnement doit envisager les différents facteurs qui permettront que le coût ne l'emporte pas sur les avantages. La décision sera prise après consultation des spécialistes du marché, des fournisseurs d'emballages, des transporteurs et des vulgarisateurs habilités à conseiller les agriculteurs sur les opérations après récolte. Les facteurs à envisager sont les suivants:

- nature du produit;

- niveau actuel des pertes supportées au cours de la commercialisation;

- coûts relatifs du système actuel d'emballage et de l'emballage amélioré;

- réduction attendue des pertes en cas d'amélioration de l'emballage (sur la base de résultats de recherches);

- augmentation de revenu escomptée par la réduction des pertes;

- existe-t-il un type d'emballage standard? Le coût unitaire des em ballages diminue considérablement lorsqu'ils sont commandés en grande quantité; les emballages spécialement conçus à la demande sont coûteux;

- le nouvel emballage pourra-t-il être livré régulièrement?

- dispose-t-on de locaux suffisants pour le stockage et l'assemblage des matériaux d'emballage avant leur utilisation?

- le nouvel emballage est-il acceptable pour le marché?

Si l'introduction d'un nouvel emballage ne se traduit pas par un supplément de revenu, elle ne se justifie pas sur le plan économique. La plupart des expériences montrent que de bons produits bien conditionnés se vendent mieux que le même produit mal emballé, et que les profits qui en résultent justifient l'investissement. On peut donc estimer que, du point de vue de la commercialisation, un bon emballage est rentable.

Rien ne garantit en revanche que le nouvel emballage permettra, par luimême, d'éliminer ou de réduire considérablement les pertes de produits frais après récolte. L'emballage n'est qu'un élément, parmi d'autres, de l'effort d'amélioration des manipulations à tous les stades du processus de commercialisation.


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